BIO

my father’s last studio in 2011

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Adrien Gary Lucca, né le 14 décembre 1983 à Paris.

Enfant, je passe des heures dans l’atelier de mon père ébéniste où je découvre le travail manuel en l’observant et parfois en l’aidant (à mélanger des produits, à préparer des colles.) Je débute un éveil musical à 6 ans au conservatoire communal de Ballancourt sur Essonne, où je commence à apprendre le violon à 9 ans. Mes parents me font écouter beaucoup de musique classique, j’adore Mozart et les orgues.

A 14 ans j’ai mon premier ordinateur. Assez vite je commence à m’intéresser aux possibilités d’enregistrer et de modifier du son. A 15 ans, je commence un lycée en Arts Appliqués à Palaiseau : j’y découvre l’histoire de l’art, le dessin d’observation, la peinture, l’art contemporain. Je m’initie pendant trois ans à des techniques d’analyse qui restent importantes pour moi : étude de cas / méthodologie de recherche appliquée en design – j’arrête le violon. A 16 ans, je commence à réaliser des essais de compositions sonores à l’aide d’enregistrements et de logiciels d’édition. Entre 1999 et 2003, je réalise environ 15 heures de compositions sonores à l’ordinateur, je découvre pendant ces années une partie de la musique « savante » du XXe siècle (S. Reich, J. Cage, I. Xenakis, G. Ligeti, P. Glass, F. Bayle, P. Henri)  Je me passionne pour l’idée que pourraient être réunies en une seule forme de musique ce qui m’intéresse dans toutes celles que j’admire : musiques « classique » et « baroque » (Marin Marais, Hume, Lully, Sainte-Colombe), albums de Radiohead, Smashing Pumpkins, Kraftwerk, la Monte Young, Brian Eno… musique du XXe s. – je danse beaucoup.

En 2004 – après avoir arrêté toutes études et pratiques artistiques pendant un an et demi –, je déménage à Bruxelles où je recommence des études d’art visuel. J’étudie la photographie et la vidéo, j’y réinvestis partiellement les principes de mes recherches sonores.

En 2007, encouragé par Joëlle Tuerlinckx, je décide de me consacrer presque exclusivement au dessin, je commence mes recherches actuelles (« études ») en prenant encore une fois comme point de départ mes expériences passées. J’obtiens mes Master I & II avec grandes distinctions des jurys. Entre 2009 et aujourd’hui, je me forme  à l’étude de la couleur, j’ai de nombreux échanges avec Jean Cumps (un biostatisticien passionné par la couleur) et participe pendant trois années consécutives à une école pluridisciplinaire de couleur  organisée par le CNRS. Je me passionne pour la musique du XXe s. (Varèse, Stockhausen, Messiaen, Pärt, Grisey, Kagel). Vincent Royer et Jean-Paul Dessy m’introduisent à la musique de Scelsi, de Radulescu et des « spectralistes ». Je réalise une interview fictive avec Scelsi.

En 2011, dans le cadre de ma recherche à la Jan van Eyck Academie à Maastricht, je me forme aux bases de la mesure et du calcul colorimétriques – je commence à m’intéresser à la photométrie et à la programmation. Je publie mon premier livre : Prototype de transformateur de lumière, version 1 – je travaille actuellement à la version 2.

Je débute une collaboration intellectuelle avec Haseeb Ahmed, plasticien, ex-étudiant au MIT avec qui je partage un intérêt pour les relations entre arts visuels et technologie. J’en débute deux autres : avec Philippe Colantoni, chercheur-enseignant couleur et computer-science à Toulouse ; avec Georg Kremer, chimiste et spécialiste des pigments pour artistes.

Je m’intéresse aujourd’hui en particulier – mais pas seulement – à la question de savoir comment, à l’aide de mesures physiques et colorimétriques précises et dans environnement contrôlé, il est possible d’implémenter un « logiciel » qui prenne effet directement sur le champ visuel d’un observateur – en opposition aux logiciels qui jouent sur des images, des enregistrements, des mesures ou représentations (des cartes plutôt que des territoires…). Je voudrais réduire la distance qui sépare la logique de l’expérience sensorielle, par exemple : que signifierait-il d’appliquer un « filtre » directement dans l’environnement visuel de manière tout aussi précise qu’un software peut le faire sur des images ?

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[Le texte ci-dessus date de 2011, depuis ma situation a changée, je suis devenu professeur à La Cambre et artiste-entrepreneur indépendant. En 2016, je travaille à plusieurs projets de grande envergure en Europe et au Canada.]